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Dates à retenir

Repas du comité des fêtes de Courcerault

16 avril 2016

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4ème Rallye

de l'association vie et patrimoine de Courcerault

1er mai 2016

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Vide greniers de Courcerault

5 juin 2016

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Méchoui du comité des fêtes de Courcerault

9 juillet 2016

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Marche et pique - nique

du comité des fêtes de Courcerault

28 août 2016

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Exposition Patch'en Perche à Courcerault

26, 27 et 28 novembre 2016

 

21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 06:47

Lorsque vous empruntez la route de Rémalard à Bellême, vous avez peut-être remarqué ces grandes bornes en grès sur lesquelles sont gravés un numéro et un symbole.

En fait, ce sont des bornes royales dites milliaires qui jalonnaient la grande route de Paris au Mans, sous l’ancien régime. Elles ont été implantées au cours du XVIIIe siècle, lors d’importants travaux routiers destinés à dynamiser la région.

 

borne-78.jpg

 

Chacune des grandes routes était jalonnée :

-       de bornes milliaires (toutes les mille toises(1)) sur lesquelles les numéros indiquent la distance de la borne à Paris,

-       de pyramides ou obélisques (marquant la limite de la Généralité(2))

-       de croix pyramidales (marquant la limite d’une élection, subdivision de la Généralité).

 

Les routes traversant la Généralité d'Alençon ont été décrites entre autres dans les atlas de Trudaine, réalisés entre 1745 et 1780 sur ordre de Charles Daniel Trudaine, administrateur des Ponts et Chaussées. Ils comportent les routes faites ou à faire (et leurs abords immédiats) dans les Généralités des pays d'élections régies par des intendants.

 

atlas-de-Trudaine-intro-1.jpg

atlas-de-Trudaine-intro-2.jpg 

 

Dans l’Orne, un inventaire de ce patrimoine routier a été effectué sur la route de Paris en Bretagne (RN12, entre Verneuil et Lalacelle), et la route de Paris au Mans (RD 938 et 920 entre Saint Jean des Murgers et Igé).

 

La route de Paris en Bretagne comptait cinq monuments (trois pyramides et deux croix pyramidales), ainsi que 43 bornes dont 19 ont été retrouvées. Sur la route du Mans, 18 des 24 bornes posées entre La Madeleine-Bouvet et Igé ont été retrouvées.

 

Les bornes sont taillées en général dans le grès (route de Paris au Mans) et dans le granit (route de Paris en Bretagne). Posées en 1786, elles ont souffert de la Révolution, certaines ont été déplacées pour servir de bornes kilométriques, de support de croix…(2 sont sur la route de Bellême au Pin la Garenne) et la fleur de lys a été remplacée par le faisceau de la révolution.

 

Deux pyramides, limites de la Généralité élevées en 1735, restent :

-       la pyramide de Louvilliers-en-Drouais, près de Dreux, au bord de la RN12,

-       la pyramide d’Igé, ou Saint-Cosme.

 

Deux croix pyramidales, limites d'une élection, ont été identifiées :

-       la croix Saint Maurice à Moussonvilliers,

-       la croix d’Anthenaise à Saint-Léger-sur-Sarthe.

 

Le Pays du Perche, avec le concours des Amis du Perche, a décidé de mettre en valeur ce patrimoine rare et méconnu et d’en faire un nouvel atout touristique.

Grace au Conseil Général de l’Orne, les bornes, croix pyramidales et obélisques sont en cours de restauration, les bornes manquantes refaites et les abords nettoyés.

La caisse régionale et la fondation du Crédit Agricole, ont remis d'un chèque de 10 000 € pour le projet de valorisation de la route royale de Paris au Mans.

 

borne milliaire

 

 

Actuellement, les six bornes milliares manquantes entre la Madeleine Bouvet et Igé sont en cours de sculpture, comme à l'origine avec la fleur de lys, chez Marino Manca sculpteur de pierre à Courcerault, lequel a aussi restauré ou refait les ornementations sur les obélisques et pyramides.

 

 

Belles balades en perspective pour partir à la recherche de ces témoignages du passé.

 

 

 

(1) toise :

1 toise = 6 pieds = 1,949 mm

 

GeneraliteAlencon1774.jpg(2)  Généralité :

Une Généralité est une circonscription administrative de la France d’Ancien Régime. Il y eut jusqu’à trente-sept généralités. Les premières furent créées en 1542 avec l’Édit de Cognac et les dernières en 1784.

Elles étaient administrées par un Intendant nommé par le Roi qui était le personnage central de l'administration royale dans les provinces. Il avait pouvoirs de police, de justice et de finances

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